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Fondation Laure-Gaudreault

Montant des souscriptions reçues en 2006 : 160 000 $

Quatre-vingt pour cent de cette somme seront distribués à des bénéficiaires dans les 10 régions du Québec.
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Message de la présidente de la Fondation lors du Congrès de l'AREQ, à Gatineau, en 2005, pour marquer les 15 ans de la Fondation

Chers amis, je vous salue et je remercie les administrateurs de l'AREQ qui me permettent de vous adresser la parole à ce 41e congrès ici.

Au congrès de 1990 à Hull sous le thème de « Richesse et défis de l'âge » et sous la présidence de Fernand Toussaint de regrettée mémoire, l'AREQ décidait de créer sa propre Fondation.

Et c'est ici dans cette même région lors d'un Congrès dont le thème est « Une mission qui nous engage » que je me retrouve devant vous pour faire le bilan des 15 ans de la Fondation Laure-Gaudreault. Notre Fondation est à l'âge de l'adolescence, pleine d'audace et d'enthousiasme pour les années qui viennent.

Cette Fondation envers laquelle, nous nous sommes engagés il y a 15 ans : quelle force, quelle vitalité elle aurait si enseignantes et enseignants retraités, si enseignantes et enseignants actifs nous en étions tous membres (près de 200 000 membres).

Essayons ce matin de rappeler quelques jalons de son histoire et de dresser un bilan réaliste de son état actuel. C'est en mai 88 que Lionel Girard lance le projet de créer une Fondation. Je le cite « Ce serait intéressant si collectivement par notre association nous servions de rempart à certains malheurs qui hantent notre société. Une Fondation nous permettrait de jouer ce rôle. Je sais bien que ne manquent pas les lieux où exercer notre charité. mais une Fondation qui nous ressemblerait et nous rassemblerait et qui perpétuerait la mémoire de Laure Gaudreault cette grande dame qui, au cours de ses combats, a ignoré les dérangements, fait fi des prudences, oublié ses fatigues et a foncé pour améliorer le sort des institutrices. »

Nous lui devons la syndicalisation des institutrices rurales. (En 1936, le monde rural c'était tout le Québec sauf les 2 grandes villes de Québec et Montréal). Elle participera avec sa Fédération à fonder la Corporation des institutrices et instituteurs du Québec, l'ancêtre de la C.S.Q. Et plus tard à 71 ans, elle fonda cette AREQ qu'elle voulait et que nous voulions toutes et tous fière et engagée.
En 1988, à Gaspé, Lionel lance l'idée d'une fondation, nous sommes 9000 membres retraités mais pas tellement prêts pour un tel engagement.

Son projet, il ira le vendre lors des sessions régionales de 1988 et 1989. Et en 1990, les congressistes acceptent majoritairement que l'AREQ crée la Fondation Laure- Gaudreault (j'ai dit majoritairement car il ne faut pas nier qu'il y eut alors certaines oppositions marquées qui freineront son développement dans les premières années).

On obtiendra l'autorisation légale de la mettre sur pied dès le mois d'août. Les signataires de cette demande en seront les premiers membres soit Lionel Girard, trésorier de l'AREQ, Monique Asselin-Gobeil vice-présidente provinciale et Victorien Gagnon, président de la Région Saguenay-Lac-St-Jean.

Au début le Conseil exécutif de l'AREQ agira comme administrateur intérimaire et Lionel Girard sera chargé de pouvoirs. C'est bien lancé, la Fondation est acceptée par les institutions financières des différents paliers de gouvernement comme organismes de charité et devra se conformer aux lois prévues à cette fin. Chaque année, en fin de juin, nous devons fournir un rapport complet de nos activités et la liste des bénéficiaires. On s'affaire dès la réception des lettres patentes à la rédaction des règlements et des règles administratives. La charte définissait les objectifs de cette Fondation. Je les crois bien connus de toutes et tous ici présents. Permettez-moi de vous les rappeler :

  • L'aide à des retraités démunies.
  • L'aide aux jeunes dans le besoin et aux organismes se préoccupant de leur bien-être.
  • L'aide pour la recherche médicale concernant les maladies touchant les aînés et l'aide aux organismes oeuvrant auprès des personnes touchées par ces maladies.
Dès les débuts et avec l'assentiment de tous, le siège social sera le même que celui de l'AREQ et l'administration comptable sera confiée aux services administratifs de l'AREQ supervisé par le Bureau provincial de la Fondation.

Les ententes avec vos administrateurs se sont toujours renouvelées et bonifiées avec les années. On y a aussi ajouté une participation financière qui a tendance à augmenter d'années en années.

Pour mettre sur pied une telle Fondation et pour lui assurer l'appui des membres de l'AREQ on a voulu une organisation qui lui ressemblerait et s'appuierait sur ses instances décisionnelles en évitant quand même toute confusion.

Ainsi la Fondation se devait de couvrir les 10 régions, chacune étant administrée par un Bureau régional composé de 5 personnes élues lors de l'assemblée générale régionale des membres inscrits à la Fondation. Ce bureau ayant la responsabilité du recrutement, de l'organisation des campagnes de souscriptions, du choix des bénéficiaires. Il peut alors compter sur l'appui et l'aide du Conseil régional de l'AREQ On prévoit aussi la nomination d'un responsable dans chacun des secteurs de l'AREQ

La coordination de cet ensemble de 10 Bureaux régionaux est assurée par le Bureau provincial formé des dix présidences régionales, d'un membre désigné par le Conseil d'administration de l'AREQ et d'une présidence choisie parmi les membres de la Fondation et élue par les membres du Bureau provincial.

Les règlements de la Fondation prévoient aussi que les souscriptions recueillies dans une région soient retournées à près de 80% à des bénéficiaires choisies par le Bureau régional.

Pour créer ce réseau, il a fallu dès l'obtention de la Charte que les administrateurs de l'AREQ travaillent à son organisation, ce qui sera fait assez rapidement.

Dès 1990, il y a recrutement des membres et certaines souscriptions commencent à entrer. Et en septembre 1991, un premier geste de bienfaisance est accompli : 1800 $ seront remis au Centre hospitalier St- Augustin où résident certaines enseignantes retraitées.

En 1991 et 1992, c'est la grande offensive pour la formation des Bureaux régionaux, 7 seront créés assez rapidement. Ce qui permettra la mise en place du Bureau provincial : Lionel Girard est nommé président, Roger Fraser trésorier. Léo Côté, nouveau président de l'AREQ parlera de la Fondation comme l'une des belles et grandes réalisation de l'AREQ. A cette époque 525 membres sont inscrits et plus de 10 000 $ sont amassés et redistribués par les Bureaux régionaux existant.

En janvier 1993, le Bureau provincial se lance un défi : recruter les 14 000 membres de l'AREQ et recueillir 100 000 $ en souscriptions. Il y a loin de la coupe aux lèvres. Il manque encore quelques Bureaux régionaux. On n' amassera que 15 000 $ et on ne pourra compter que sur 1000 membres. En 1994, on distribuera à des bénéficiaires près de 12 000 $.

Le Bureau provincial choisit le logo de la Fondation. On met en vente à 10 $ une carte de condoléances permettant une nouvelle source de revenus. Huit Bureaux régionaux fonctionnent déjà et on recrute pour chaque secteur de l'AREQ, un responsable qui sera souvent un membre du Comité directeur. Lionel Girard, le président, exhorte les membres à acheminer leurs dons de charité à leur Fondation. La Fondation Laure-Gaudreault, fondation qui prend de plus en plus d'importance dans les régions et les secteurs mais qui n'a pas encore réussi à recruter en ses rangs les 14 000 membres de l'AREQ

En 1995, l'instigateur du projet, le président fondateur Lionel Girard quitte la présidence. Quoi de Neuf de janvier 1996 lui rendra un hommage spécial dans un article intitulé L'homme qui planta un arbre. Roger Fraser, trésorier depuis les tout débuts de la Fondation prend la relève. Il travaille au recrutement des membres, finalise l'organisation des Bureaux régionaux, multiplie les contacts pour obtenir un meilleur financement. Des activités bénéfices naissent un peu partout : golf - quilleton- tirage- rallie. On intensifie la publicité avec la publication d'un dépliant.

Le livre Les Souvenirs de Laure Gaudreault paraîtra en octobre 1996 grâce à l'aide de la C.E.Q. et à l'initiative de Léonce Pelletier vice-président du Bureau régional de Québec - Chaudière - Appalaches. La presque totalité des revenus de la vente des 3000 exemplaires iront à la Fondation. Il en reste quelques centaines, on aimerait bien en vendre quelques-uns dans chaque secteur : une bonne idée pour des prix de présence puisqu'on entend souvent dire que l'ouvre de Laure Gaudreault est peu connue de nos membres. En passant, j'aimerais souligner que dans le cadre de la création du Musée national de l'Éducation par l'U.Q.A.M., on est en train de créer le Fonds documentaire Laure- Gaudreault à la suggestion de la Fondation et avec l'appui de l'AREQ Une émission de la série Histoires oubliées lui a été consacrée au cours de l'année. Serge Gauthier de la Société d'histoire de Charlevoix sortira bientôt une biographie complète de cette femme exceptionnelle.

En juin 1997, une somme de 20 250 $ sera remise à quelques bénéficiaires et à 28 organismes. Roger Fraser ouvrier de la première heure quitte la présidence. Membre de la Fondation depuis les débuts et ayant participé à son évolution, j'accepte la demande du Bureau provincial d'assumer la présidence. La Fondation est bien organisé, bien vivante. Mon premier message dans Quoi de neuf se voulait un appel à tous les membres de l'A.R.E.Q. de devenir membres de leur Fondation : le rêve maintes fois répétés par toutes celles et tous ceux qui s'y sont impliqués. Un slogan est lancé : « La générosité de la Fondation, c'est notre générosité ».

1998 ; on enregistre 4160 membres et 33 000 $ en souscriptions.
1999 ; 5170 membres et 43 000 $ en souscriptions.
2000 ; 6270 membres et 60 000 $ en souscriptions.
2001 ; 6500 membres et 90 000 $ en souscriptions, c'est l'arrivée du golf bénéfice de la C.E.Q.
2002 ; 6880 membres, on dépasse le 100 000 $, le 2e golf de la C.E.Q. rapportant 29 000 $.
2003 ; 103 813 $ dont 80% seront distribués à plus de 100 bénéficiaires.
2004 ; 120 826 $ amassés et qui seront distribués d'ici le 30 juin dans nos dix régions.

L'année 2005 s'annonce prometteuse. J'écrivais dans le dernier Quoi de neuf, en parodiant Bernard Derome le soir des élections « Si la tendance se maintient » et si les activités du 15e vous rejoignent, nous atteindrons le million en souscriptions amassées probablement à la fin de cette année.

Quel est le portrait de cette Fondation en ce quinzième anniversaire ?

Près de 7000 membres inscrits. 800 000 $ de souscriptions amassés. 12 000 dons à des personnes et des organismes répondant à nos objectifs. Mais ce qui est primordial pour nous et ce qui a permis cette réussite assez exceptionnelle c'est le support et l'implication de bon nombre de membres de l'AREQ et de toutes ses instances politiques.

Je voudrais rendre hommage en particulier aux membres du Bureau provincial, aux membres de nos dix Bureaux régionaux, à tous nos responsables de secteurs et aux simples membres qui supportent cette Fondation et qui posent des gestes de générosité à la manière de Laure Gaudreault. On sent chez toutes et tous cet engagement envers les démunis de notre société. Je peux dire du côté de l'AREQ comme du côté de la Fondation qu'on sent la mission qui nous engage en tant que citoyens et citoyennes responsables.

L'administration qui se fait au service de la comptabilité de l'AREQ dirigé dans les premières années par Michèle Beaumont et depuis 3 ans par Doris Dumais, est un travail de plus en plus exigeant mais pour la Fondation, c'est une question de survie. Merci aux administrateurs de l'AREQ de l'avoir accepté. Je ne peux m'empêcher ici de souligner l'exceptionnel travail exercé par Nathalie Hébert, technicienne en administration pour l'AREQ, secrétaire exécutive de la Fondation sur qui repose tout le travail clérical de cette Fondation. Toujours disponible et efficace, même en dehors de ses heures de travail.

Je reviens au rêve du fondateur Lionel Girard, de son successeur Roger Fraser et du mien, celui de toutes celles et de tous ceux qui se sont impliqués et qui s'impliquent directement pour cette Fondation, la nôtre. Ce rêve d'arriver à recruter tous les membres de l'AREQ Qu'en est-il de ce rêve ? Nous sommes actuellement 45 000 membres à l'AREQ et un peu plus de 7000 membres à la Fondation. Et si en ce 15e anniversaire, avec votre collaboration, nous nous donnions comme objectif un recrutement intensif auprès des membres de nos secteurs. Un autre rêve intéressant m'habite : c'est celui d'arriver à rejoindre les membres actifs de la C.S.Q. Je m'engage à en faire la promotion auprès de leurs dirigeants. C'est un projet que je caresse en ce 15e anniversaire, j'oserai probablement en lancer l'idée ce soir puisque j'assisterai au banquet clôturant le 5e tournoi de golf bénéfice de la C.S.Q.

Et quand je parle de rêve pour notre Fondation, j'aime à revenir au texte poétique exprimé par Lionel Girard il y a 15 ans :
- Si tu penses que ce qui rassemble les humains est exaltant.
- Si tu regardes l'autre avec un brin d'amour.
- Si tu préfères l'espérance au soupçon.
- Si tu refuses l'égoïsme.
- Si tu ressens la misère de ton confrère, de ta consoeur.
- Si tu donnes de bon cour une part de tes revenus.
- Si tu acceptes que le partage t'enrichit.
- Si tu verses avec conviction un peu de ton surplus.
- Si tu sais à ton aumône ajouter un peu de ton cour.
- Si tu . alors rejoins les rangs de ta Fondation.

En participant à cet élan de générosité qui court dans les rangs de l'AREQ, nous participerons à cette révolution dont parlait Teilhard de Chardin dans les années 50. « Il viendra un jour, disait-il, une révolution qui sera aussi importante que la révolution du feu, ce sera la révolution du coeur qui balaiera la Terre ». Plus près de nous Serge Bouchard, sociologue québécois, rejoignant Teilhard écrivait ceci : « Nous avons besoin de philosophes, de géologues, d'astrophysiciens, de moralistes, de mémorialistes j'ajoute d'éducatrices, d'éducateurs. Car nous sommes plus beaux que nous pensons, et bien plus forts aussi. Qui sait le nouveau monde que nous pourrions créer si nous nous en donnions la peine ».

Je nous la souhaite cette révolution, je nous le souhaite ce nouveau monde. Nous y contribuerons je crois, pour une part si nous trouvons les moyens de faire vivre et prospérer notre Fondation. Cette fondation envers laquelle nous nous sommes engagés il y a 15 ans.

Merci de votre accueil et de votre attention

Louisette Fournier-Giroux
Gatineau, 26 mai 2005